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  • Docville : Bombay Beach

Film événement du dernier festival de Tribeca, où il remporta le prix du meilleur documentaire, Bombay Beach se situe à la croisée du docufiction, du vidéo musical et du rêve hallucinatoire. Au bord de la mer de Salton, un lac artificiel salé au milieu du désert du Colorado, une communauté de déshérités a élu domicile dans l’ancienne station de vacances de Bombay Beach, aujourd’hui ville fantôme. L’artiste vidéo et photographe Alma Har’el a bien saisi le potentiel cinématographique de ce paysage post-apocalyptique, véritable métaphore visuelle du rêve américain déchu. Elle y a suivi pendant plusieurs mois une poignée de ses habitants : Benny, un petit garçon bourré d’imagination, de Ritalin et de lithium ; CeeJay, un jeune joueur de football romantique qui a fui la violence des gangs de Los Angeles ; et Red, un octogénaire sans attache vivant de cigarettes, de whisky et de quelques pas de danse. Alma Har’el met à partie la créativité de ces attachants excentriques en superposant à l’observation documentaire des scènes d’improvisation, des chorégraphies et des séquences surréalistes rêvées. Avec une musique signée par nuls autres que Beirut et Bob Dylan, Bombay Beach nous offre un voyage lyrique et tragique aux marges de l’Amérique. (Charlotte Selb)

  • 26 janvier 2012